Diane Serard, 
sculpteur de l’imaginaire
 
 
Entrer dans le monde minéral de Diane Serard, c’est plonger dans un imaginaire poétique, habité par de personnages singuliers, aux formes énigmatiques. Une invitation hors du temps...
  
 
Invitation 
J’habite dans un rocher depuis tant d’années que même la pierre n’a plus de mémoire, 
dans une galaxie dont la constellation s’étend de Megor à Altrus.
- tiens! une comète fend l’espace.
La Lune Bleue immense plie le regard, et au pied des abîmes de rochers rouges, 
un lac à peine ridé la reflète dans sa totalité.
Le temps d’un instant, la planète bascule dans l’oubli.
Un, deux, les étoiles s’éteignent, c’est alors le point du jour.
Je vis sur un rocher depuis que je suis née.
Mais ma naissance est-elle réelle puisque je ne vois pas mort venir?
Cette amie semble affairée loin d’ici.
Quelquefois je l’appelle:
Ma planète est si belle amie, viens donc y faire un tour, et avec toi amène la vie.
Elle s’y plaira, je n’en doute pas. L’eau me l’a dit, il ne manque plus qu’elle.
Et de l’air s’il vous plaît, les rochers veulent des oiseaux.
Ces paroles prières forment un doux rêve que j’abandonne vite.
Je sais bien que je suis là pour l’éternité.
Je suis un caillou posé sur un rocher.
Quelque part au bord d’un lac, la Lune Bleue se lève.
Une rencontre entre sculpture et poésie